Frontière Russie – Bélarus

Quand je préparais mon voyage, j’ai eu beaucoup de mal à trouver des informations sur le passage de cette frontière qui n’en est pas toujours une. Je choisi donc de partager mon expérience. Il s’agit de ce qui m’est arrivé, cela peut très bien être différent pour quelqu’un d’autre. C’est un récit à prendre avec précaution, qui ne vise pas à critiquer les personnes impliquées.

Contexte

J’ai obtenu un stage dans le nord de l’Oural (Trois jours sur la Sosva), puis je suis parti sur un roadtrip pour la Mer Noir. Fin septembre j’avais rendez-vous avec mes études à Vienne. Comme je prends l’avion le moins possible, j’ai étudié mes possibilités de rentrer depuis la Mer Noir à Vienne en train. La situation géopolitique dans l’est de l’Ukraine étant encore tendue, j’ai opté pour la République du Bélarus.

J’étais en Russie au bénéfice d’un visa d’affaires, et j’ai obtenu un visa de tourisme pour le Bélarus. Afin de pouvoir gérer un imprévu j’ai fait se chevaucher ces deux visas de quelques jours. J’avais écris aux ambassades des deux pays en Suisse pour savoir ce qu’il en était de cette frontière. Il est en effet pas clair si elle est autorisée aux citoyens d’autres pays, en particulier de Schengen. Les ambassades m’ont les deux répondues qu’avec les visas appropriés je n’aurai aucun problème.

Les faits

La frontière

J’ai embarqué sur les bords de la Mer Noir dans un train pour Minsk. Et il n’y a pas eu de frontière. Rien. Pas de policier, pas de barbelés comme entre l’Estonie et la Russie, et pas de contrôle des passeports. Tout d’un coup j’étais en terre biélorusse, sans avoir rien montré à personne. C’était un peu gênant. J’avais encore ma carte d’immigration russe, pas de tampon de sortie de la Fédération de Russie, pas de tampon d’entrée de la République du Bélarus et pas de carte d’immigration. A ne regarder que mon passeport, j’étais entré illégalement au Bélarus. Mais je n’avais rien fait de faux, donc je n’étais pas vraiment inquiet.

Solutions

Une fois installé dans mon auberge, que j’ai payée cash faut de pouvoir être enregistré (à cause de mon visa tout nu), je me suis penché sur ma situation. Les ambassades étaient fermées, c’était déjà le soir. J’ai appelé la hotline du DFAE. Pour demander des conseils. Et je me suis fait engueulé. Parce que je n’aurais jamais dû prendre ce train, et que cette frontière n’est pas autorisée aux citoyens de l’espace Schengen. Ensuite je me suis fait dire que j’allais me faire arrêter, et que le DFAE ne serait pas en mesure de m’aider. J’ai flippé, pour de vrai.

Une solution envisageable était de reprendre le train pour la Russie, et de faire comme si je n’étais jamais allé au Bélarus. Puis de prendre bien sagement un avion depuis Moscou.

J’ai décidé de ne pas prendre le train pour la Russie. Mon visa russe n’étant qu’à une entrée, je m’exposais à des problèmes si il y avait un contrôle à la frontière russe. Aussi, j’étais sûr d’être dans mon bon droit. J’avais tous les visas nécessaires. Ce n’est pas de ma faute si les polices de ces deux pays ont décidé de ne plus contrôler la frontière. Et puis ce n’était pas la bonne direction, l’avion de Moscou à Vienne est cher, mon sac trop gros pour l’avion, je voulais visiter le Belarus, et ne pas prendre l’avion. Par dessus tout, j’avais un mauvais pressentiment à propose de cette solution. Mon instinct a usé de son veto.

Bon, j’étais dans ma chambre, et j’avais peur. Je vais pas mentir, j’étais dans un état de panique difficile à gérer. Le DFAE m’assurait une arrestation certaine au moindre contrôle. Et la seule solution que j’avais trouvée ne me convenait pas. J’ai fait une sortie express pour m’acheter une pizza et j’ai appelé mes parents.

Et puis j’ai cherché une autre solution. Basiquement il me fallait une personne en mesure de régulariser ma situation. J’ai un peu fouillé dans ma liste de contacts. Finalement je me suis fait conseiller d’aller voir l’administration de la compagnie ferroviaire russe. Après tout, c’est eux qui m’ont fait traverser la frontière sans contrôle et je ne suis probablement pas le premier voyageur dans cette situation. Ils m’ont dit d’aller me présenter… au poste de police de la gare. Cette solution, bien que très risquée d’après l’employé du DFAE, me semblait logique. J’ai donc pris mes couilles dans une main et mon passeport dans l’autre et j’ai été au poste de police.

Après avoir expliqué mon problème et présenté mes papiers, le policier m’a juste expliqué que ma carte d’immigration russe est valable au Bélarus. Et que je peux avoir le tampon d’entrée sur le visa russe et celui de sortie sur le visa biélorusse. Eh oui, j’étais en règle! J’ai vraiment compris que quand ils m’ont mis à la porte du poste de police en me souhaitant un bon séjour au Bélarus.

La sortie

Je n’ai pas eu de problème relatif à mon visa non tamponné au moment de sortir. L’officier biélorusse a pensé que mon passeport était faux. J’attribue cela au fait qu’il ne contrôle probablement pas de passeports suisses tous les jours, qu’il était 2 heures du matin, que j’étais le seul étranger à bord d’un bus low-cost biélorusse et que j’ai une tête différente sur chacun de mes visas. Après quelques questions sur mon séjour au Bélarus il m’a laissé sortir.

Le deuxième problème est plutôt comique: le douanier polonais n’a pas voulu me laisser rentrer car je n’avais pas de visa Schengen. Son responsable a été cherché l’aide mémoire, et c’est avec beaucoup d’étonnement que l’on a tous appris que la Suisse fait partie de Schengen. Une leçon de géographie à 4 heure du matin ça ne fait de mal à personne.

Épilogue

J’ai écris au DFAE, non pas pour critiquer, mais pour les informer et essayer de comprendre. Nous nous sommes très mal compris au téléphone, et il n’était pas clair pour mon interlocuteur si j’avais un visa biélorusse ou non. Il est en effet arrivé que des voyageurs entrent au Bélarus sans visa par ce train. Et les conséquences d’un séjour au Bélarus sans visa sont moins drôles.

Leur principal souci est que je ne puisse plus me rendre en Russie. Puisque j’ai rendu ma carte d’immigration russe à la douane biélorusse, il est possible que les autorités russes n’aient pas enregistré ma sortie du territoire. J’ai certes un tampon de sortie du Bélarus dans mon passeport, mais il suffit que la relation entre ces deux pays se détériore et ce tampon ne sera plus reconnu.

Personnellement je ne pense pas que je peux me faire interdire l’entrée en Fédération de Russie pour ça. Je vais sûrement avoir droit à quelques questions la prochaine fois que je me rends en Russie. Il faudra prévoir quelques heures de réserve pour passer la frontière.

Avec un peu de recul, j’aurais peut-être dû plus me renseigner sur cette frontière. L’espace Schengen nous a fait perdre l’habitude de ces incidents de contrôles douaniers. D’après d’autres témoignages, il conviendrait de demander au chef de train à avoir un contrôle à la frontière. Pour ma part je suis très curieux quand à ma prochaine demande de visa pour la Russie.

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